L’ancien adjoint à la Ville de Strasbourg, Hervé Polesi, a été exclu de l’exécutif municipal et du groupe majoritaire Strasbourg écologiste et citoyenne, après plusieurs signalements de violences sexistes et sexuelles. Si la maire Jeanne Barseghian a d’abord laissé entendre qu’elle n’avait été informée qu’en mars 2025, elle a finalement reconnu avoir été alertée dès 2023.
- Un silence qui interroge
Lors du conseil municipal du 17 mars, l’opposition a vivement critiqué l’attitude de la maire. Nicolas Matt, conseiller d’opposition, l’a accusée d’avoir dissimulé l’affaire :
« À plusieurs reprises, je vous ai demandé des explications. Vous avez toujours esquivé. Si vous saviez et que vous n’avez rien dit, alors vous n’aurez plus d’autre choix que de démissionner. »
Face à ces accusations, Jeanne Barseghian a affirmé avoir agi dès qu’elle avait eu connaissance des faits, notamment en retirant sa délégation à Hervé Polesi. Cependant, selon les révélations récentes dans la presse locale, la maire avait reçu un rapport dès 2023 détaillant plusieurs témoignages contre son adjoint.
- Une réaction tardive sous pression
Ce n’est que le 20 mars 2025, dans une publication Facebook, que la maire a admis avoir été informée dès l’automne 2023. Elle justifie son choix de ne pas rendre l’affaire publique plus tôt en expliquant avoir voulu protéger les agentes concernées et avoir écarté Hervé Polesi de certaines responsabilités.
Mais cette réponse ne convainc pas tout le monde. Des élues affirment avoir tenté de l’alerter dès 2023, sans résultat.
Cette affaire soulève des questions sur la gestion interne des violences sexistes et sexuelles en politique, et fragilise la position de Jeanne Barseghian, qui s’est toujours revendiquée comme une maire féministe engagée à un an des élections municipales.
photo d’illustration : wikimédia Greenbox CC BY-SA 4.0



