Municipales à Strasbourg : tensions internes au PS et mise en garde contre une union des oppositions dès le premier tour

Alors que le Parti socialiste de Strasbourg dévoilait sa stratégie pour les élections municipales de 2026, des dissensions internes sont rapidement venues troubler l’unité affichée. En parallèle, le Parti radical de gauche (PRG) met en garde contre une coalition trop hâtive des forces d’opposition dès le premier tour.

Le 26 avril, le PS strasbourgeois présentait les grandes lignes de son projet électoral, porté notamment par l’ancienne maire Catherine Trautmann, le député Thierry Sother et l’ex-adjoint Mathieu Cahn. Mais cette initiative a immédiatement été critiquée par une partie des militants, dénonçant un processus jugé « opaque » et un dialogue rompu avec les partenaires historiques du parti.

Dans un communiqué diffusé le 2 mai, plusieurs sections locales socialistes ont tenu à réaffirmer la légitimité de la démarche. Selon ces représentants, la feuille de route a été « majoritairement adoptée dans huit sections sur neuf » et sa remise en question par « quelques militants et responsables » est jugée regrettable. Le parti rappelle également sa volonté de constituer une « liste socialiste autonome » pour le scrutin à venir.

  • Le PRG prêt à discuter, mais pas à tout prix

Le PRG, pour sa part, a répondu favorablement à l’appel au dialogue lancé par les socialistes. Dans un courrier adressé à leurs représentants, le parti de centre-gauche propose une rencontre « courant mai » afin de « redonner sa grandeur à Strasbourg ». Des discussions ont également été amorcées avec Nicolas Matt (Renaissance) et les radicaux de Laurine Roux, dans l’idée de bâtir un rassemblement élargi aux forces du centre-gauche.

Mais cette volonté de coopération ne va pas jusqu’à cautionner une union immédiate de toutes les oppositions. Le président du PRG, Thibaut Vinci, rejette fermement l’idée d’une alliance dès le premier tour, comme celle évoquée dans un « appel citoyen » signé par une dizaine de personnalités locales. À ses yeux, une telle union reviendrait à « nier la richesse du débat démocratique » en amalgamant des forces aussi diverses que le PS, LR, Horizons et Renaissance.

« Une union artificielle ne ferait qu’accroître le désintérêt des citoyens, déjà massivement abstentionnistes », rappelle Thibaut Vinci, soulignant les 63,34 % d’abstention enregistrés à Strasbourg en 2020. Pour lui, les Strasbourgeois attendent avant tout des idées claires, de la transparence, et un débat de fond sur les enjeux de la ville.

À un an des municipales, la gauche strasbourgeoise se cherche encore un cap commun — entre affirmations d’autonomie et volonté de rassemblement, la course à 2026 ne fait que commencer.

source photo d’illustration : wikimédia Claude Truong-Ngoc CC BY-SA 4.0

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