Projet de loi Asile et Immigration : un volet « Travail » qui divise.

Le syndicat des restaurateurs l’adore, les associations de défense des sans-papiers le détestent, revenons sur le projet de loi Asile et Immigration tout juste sorti du Conseil des Ministres.

Ce n’est pas un secret, certains secteurs comme la restauration ainsi que le bâtiment ou l’industrie connaissent de graves pénuries de main d’œuvre et des difficultés croissantes à former et recruter.

La question du regroupement familial

Le projet de loi Asile et Immigration a été présenté au Conseil des ministres du 1er février 2023 par Gérald Darmanin, alors que le volet sur le regroupement familial était curieusement absent des textes, le gouvernement s’est déclaré favorable à des amendements qui permettraient de le limiter sans pour autant enfreindre la constitution.

Parmi les pistes en discussion figure notamment l’arrêt envisagé du regroupement à la famille « élargie », la possibilité de tests linguistiques et de contrôles de connaissances des « valeurs de la République »

Des régularisations facilitées… sous conditions

Une petite révolution donc, mais le projet de loi comporte également un volet travail avec la création d’une carte de séjour d’un an « travail dans des métiers en tension » où les employeurs de filières en difficultés de recrutement n’auraient aucune démarche à accomplir pour embaucher de la main d’œuvre irrégulière de manière régulière, la carte valant autorisation de travail, même la fameuse promesse d’embauche que l’employeur doit délivrer au salarié demandant sa régularisation deviendrait obsolète.

Cette carte de séjour serait néanmoins encadrée par 3 ans de résidence en France et 8 mois de travail au cours des deux dernières années dans un des secteurs en tension, rien de nouveau là-dessus par rapport à la directive Valls de 2012.

Oui à l’immigration, pas pour les mêmes raisons

Cependant, c’est bien ce volet travail qui divise les immigrationnistes de tous bords, à commencer par l’UMIH, puissant syndicat de l’hôtellerie-restauration et son président Thierry Marx qui a appelé dans un entretien parut dans le journal « Les Échos » à une régularisation massive des sans-papiers, d’autant plus que la branche sera vraisemblablement admise dans la catégorie des « métiers en tension »

Autre son de cloche du côté des associations de défense des sans papiers qui considèrent ce volet travail comme une grave atteinte aux droits des migrants du fait que la régularisation serait désormais conditionnée par un emploi dans une filière dite « en tension » ce qui non seulement empêcherait les régularisations systématiques, mais en plus créerait une nouvelle manière d’entretenir une main d’œuvre immigrée sous-payée dans ces secteurs.

Le collectif « Uni.es contre une immigration jetable » a d’ailleurs organisé une manifestation à Paris dimanche sans ce sens.

Si l’on peut dresser un constat, c’est qu’il existe bien un domaine dans lequel le gouvernement semble exceller : l’art délicat de la division, et quant à ce volet travail, la seule chose dont on peut être à peu près certains, c’est qu’il apportera bien un afflux supplémentaire de main d’œuvre peu qualifiée dans notre pays, mais qu’il ne résoudra sans doute pas le problème des 3 millions de personnes toujours inscrites à Pôle Emploi.

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